English version of my coming-out here
Voici le texte de mon coming-out.. Il date de mai 1997, date à laquelle il a été publié dans le journal des élèves de mon école. Je ne suis plus tout à fait d'accord avec tout ce que j'ai écrit mais je vous le livre tel quel... Vous en apprendrez un peu sur moi par la même occasion... Réagissez ici
| Bonjour mes amis. Vous me connaissez, vous m'appelez Benny. J'aimerais vous parler. Au moins ici je peux parler et ne déranger personne tout en ayant l'impression que tout le monde m'écoute. De plus, j'ai toujours eu besoin d'écrire pour me comprendre. J'ai envie de vous parler de ce que j'aime, moi qui ai le sentiment d'être quelqu'un de passionné. D'ailleurs, qui n'est pas passionné à GI ? On pourrait se le demander. C'est très stimulant d'avoir autour de soi des gens pour lesquels on a de l'estime et de l'admiration (oui, oui, de l'admiration). En fait, j'ai toujours vécu mes passions en les cloisonnant. J'avais l'impression d'exister en tant qu'être réunissant cette alliance-là de passions. C'est ce qui me motive intérieurement. Pourtant, j'ai toujours aspiré à ce que la vérité pleine de mon âme soit découverte, par vagues successives tout de même pour savourer ce plaisir. Cela donne l'illusion de se réaliser. OPERA Prenons par exemple le cas de l'opéra, cet art total. Vous aurez reconnu là une de mes passions. En effet vous avez là, à mon avis, un concentré de tous les arts : le théâtre, la musique et le chant, bien sûr, mais aussi la peinture, les décors, les costumes, l'écriture et la réflexion avec de somptueux livrets. L'opéra, c'est aussi une ambiance. En effet, longtemps, les gens venaient à l'opéra pour être vus autant que pour y voir et y entendre. On s'arrêtait de papoter lors des grands airs... et la discussion reprenait le reste du temps... Aujourd'hui encore les premières perpétuent cette tradition. L'opéra, ce fut l'occasion de moments politiques historiques ("Nabucco" de Verdi est l'exemple le plus célèbre). Soyez attentifs lors de votre prochaine vision du "Senso" de Luchino Visconti à cette atmosphère, présentée lors de la séquence d'ouverture du film, qui se déroule à la défunte Fenice de Venise. Visconti, justement : un des plus grands metteurs en scène d'opéra (et metteur en scène tout court) qui ait été. On dit de sa mise en scène de "La Traviata" à la Scala de Milan en 1955 avec Maria Callas (ah ! Callas !) qu'elle fut celle du siècle. L'opéra, c'est avant toute chose un art du détail, un art du frisson. Or le frisson, c'est l'essence de la passion. C'est l'attente de l'événement beau et inéluctable. C'est la même joie qui est perpétuellement renouvelée à chaque écoute, à chaque nouveau détail qui n'avait pas attiré l'attention. Ecoutons ce fabuleux trio qui clôture "Der Rosenkavalier" dans la version Karajan. Combien de fois faut-il l'avoir entendu pour en épuiser toutes les subtilités ? Une vie n'y suffit pas. Je n'ai pas encore trouvé de sentiment qui n'existe au moins dans un opéra. Chacun d'entre eux vous entraîne dans la valse de ses émotions. Bien entendu, l'opéra demande une écoute attentive et un amour de la voix humaine. J'ai longtemps cru que, d'un opéra, il ne fallait retenir que les airs célèbres. Ce fut une révélation extraordinaire que de s'apercevoir que ces oeuvres, dans leur totalité, sont de véritables bijoux. Que ne feriez-vous donc pas dès lors, devant des affiches telles que le "Parsifal" de Wagner (4 heures de musique) ? Inclus dans la globalité de l'oeuvre, les airs les plus magiques prennent un relief certain et se révèlent dans leur intériorité - chose qui n'avait pu être faite lors d'une écoute isolée -. Personnellement, cette première émotion, je l'ai vécue avec le "Don Giovanni" de Mozart dans la version Giulini. Il faut dire que j'ai eu la chance de bien commencer en choisissant "l'opéra des opéras". Mais ma vie passionnée ne s'arrête pas là. Je ne vous parlerai pas de vie à l'école, qui prend aussi sa richesse par son emploi du temps chargé. AMOUR Un autre frisson pour moi, c'est celui de l'amour. Il y a toujours eu une certaine pudeur chez les homosexuels à décrire leur attirance pour le corps masculin, pour expliquer ce désir de la chair d'homme. Cela tiendrait-il donc plus de l'imaginaire ? Certainement. Dans l'amour, vous serez d'accord (?), ce sont toujours les préliminaires qui sont les plus agréables. Un esprit sensuel retrouve ici son compte dans cette fascination pour la montée du désir plus que pour le plaisir lui-même. Pourtant, je me demande si je pourrais connaître l'amour, si mon égoïsme n'est pas plus fort. A force d'avoir une vision globale du monde, n'ai-je pas perdu ou plutôt n'ai-je pas su développer cette forme d'attachement à l'autre qu'on nomme amour. Comme si j'aimais tout le monde qui m'entoure mais si je n'arrivais pas à abstraire un être parmi les autres pour le considérer plus que les autres. Car c'est plus la répétition qui me fascine. Je m'épuise difficilement d'une passion. Pour en sortir, il faut qu'une autre survienne. Pour autant, je ne pourrai pas me détacher de l'autre. Une passion ne se substitue pas à une autre, elle vient s'y ajouter. L'amour peut donc exister. Mais revenons aux garçons. Je me suis toujours dit que les filles non plus n'expliquaient pas très clairement leur attirance pour les corps d'hommes. Cependant, les stéréotypes ne sont pas les mêmes quand on parle des garçons admirés par les garçons et quand on parle des garçons admirés par les filles... De toute façon, vous allez bien voir : le 28 juin, c'est l'Europride. Plein de gays venus de toute l'Europe pour se retrouver et faire valoir leurs droits. Ne vous arrêtez pas à la fête et à tous ceux (celles ?) qui font parti de la fête. N'oubliez pas tout le cortège qu'il y aura derrière : des gens comme vous... et surtout comme moi ! ENSGI Cette école remplira trois ans de ma vie. Autant que le lycée ou que la prépa. Mais la différence, c'est vous. Sans vous, cette expérience n'en aurait été qu'une comme une autre. Mais là, merci. Signé : c'est signé plus haut. |
English version :
Here the text of my coming-out.. It goes back to May 1997, the date on which it was published in the newspaper for the pupils at my school. I do not agree completely anymore with all I wrote but, I deliver it to you just as it is... You will learn a little about me at the same time....
| Hello my friends. If you know me, you call me Benny. I would like to speak to you. At least here I can speak and not disturb anybody while having the impression that everyone listens to me. Moreover, I always needed to write to be understood. I want to speak to you about what I like. I think of myself as someone who is imapassioned. Moreover, what isn't there to be passionate about in GI? [My school] One wonders. It is very stimulating to have around oneself people that you regared with admiration (yes, yes, admiration). In fact, I always lived my passions by partitioning in them. I had the impression of existing as being joined together with those passions. It is what justifies me internally. However, I always aspired towards the truth, discovering it with all my heart, by successive waves, enjoying this pleasure all the same. At least it seems as if this is what I feel. OPERA. Let me give you for example the case of opera, this total art. You might have already recognized that this is one of my passions elsewhere on this site. Here, indeed, you have, in my opinion, a concentration of all the arts: the theatre, music and song, of course, but also painting, design, costumes, the writing and the ability to read the story in printed librettos and booklets. Opera, is also an environment. Indeed, for a long time, people came to the opera to be seen as much as seeing and hearing there. At one time it was an occasion that took a large amount of time and the discussion afterwards took the remainder of the time... Today still we have this first perpetuation of this tradition. The opera, it was the occasion of historical political moments ("Nabucco" by Verdi is the most famous example). Pay attention the time you view "Senso" directed by Luchino Visconti, with its atmosphere, in the sequence at the opening of the film, which takes place in late Fenice of Venice. Visconti, precisely: one of the greatest directors of opera (and briefly a film director). You could say that his setting in scene of "Traviata" at La Scala in Milan in 1955 with Maria Callas (ah! Callas!) -- that it one of the greatest moments for opera of the whole century. The opera, it is first of all an art of detail, an art of the goosebump. However that shiver is the gasoline of passion. It is waiting for the beautiful and inescapable event. It is the same joy which is perpetually renewed with each listening, with each new detail that did not previously drawn the attention. Just us listen to thes fabulous trio which suffuse the entire course of "Der Rosenkavalier" in the Von Karajan version. How much time would it take to exhaust the all subtleties in them? An entire life is not enough to do this. I have yet to find a feeling which has not been expressed at least in some form in an opera. Each one of them involves you in the waltz of its emotions. Of course, opera requires attentive listening and a love of the human voice. For a long time I believed that, in an opera, one needed only to retain a familiarity with the famous arias. It was an extraordinary revelation when I realized that these works, in their totality, are true jewels. What wouldn't you make of an experience in which you are standing in front of posters such as those for the "Parsifal" by Wagner (4 hours of music)? Included in the vastness of the work, the most magic arias provide an unquestionable relief and, appear in the works' interiority - something which could not be realized or felt in a single listening of viewing. Personally, this first emotional reaction, I lived it with the gift of "Don Giovanni" by Mozart in the Giulini version. It should be said that I had the chance to start well by choosing "the opera of operas ". But my impassioned life does not stop there. I won't mention my life at school, which gets its richness by the charge of its schedule. LOVE. Another shiver for me, is that of love. There always has been a certain tendency for homosexuals to describe their attraction to the male body, to explain this desire of the flesh of man as a lofty thing. Is the desire more intense than the actuality of requiting that desire? Certainly. In love, you will agree, in fact, the preliminaries are always the most pleasing. A sensual spiritual longing has a stronger fascination for the rise of the desire than for the actual pleasure itself. However, I wonder whether I could actually know love, if my selfishness isn't stronger. With the power to have a global vision of the world, I did not lose or rather I did not know how to cultivate this form of attraction with another, that is what people properly define as love. It is as if I liked everyone that surrounds me, but couldn't manage to focus that love on one being among everyone else, to consider them more than any of the others. It's this repetition of falling in love over and over, it's repetition that really fascinates me. I become exhausted by passion with difficulty. One can only come out of this exhaustion by another passion. For as much, I will not be able to be detached from the other. One passion doesn't replace another, it becomes added to rest. In this way maybe love can exist. But let's turn our attention to boys. I always told myself that I didn't think that girls adequately expressed their attraction for mens' bodies adequately. However, the stereotypes about mens' sensuality isn't the same when it's expressed by men who are attracted to and love other men, and men who love women... In any event, you will will see for yourselves: June 28, is Europride. Full of gay men from all over Europe who come to find themselves and express their rights. But it doesn't not stop with the festival or with all those who make a party of the festival. Do not forget to observe procession of the parade-- behind the floats there are people just like you... and especially like me! ENSGI [School again] School has occupied three years of my life,as much as college prepares you. But the difference in all of it is you. Without you, this experiment would have been only like any other. But there there are, thank you. |