Voici deux poèmes : l'un que j'ai écrit récemment à un garçon et l'autre qui fut sa réponse...

A V......,

Humidité torride qui vit naître l'amour
Jouissive liqueur qui coulait de ton corps
Côtoyez la souffrance, examinez les torts
Car le bonheur n'arrose que la moitié du jour.

Pour dénouer les liens des amours divergentes,
Comment substituer aux dégradants impacts
Les rieuses promesses d'un plus tranquille pacte
Auquel, garçon chéri, il faut que tu consentes ?

Joie, toiles, musique, espoir, épanchement, réveil :
J'aspire à toi. Rouvres ce besoin d'or qui veille
En moi. Transperces-en mon coeur, preste secours.

Trop longue fut l'attente pour que tu te révèles.
Parallèles de demain, innocentes et réelles
Rejoignez-vous souvent, si ce n'est pour toujours.

Benoît Crocq

De tous les animaux, Benoît est le plus beau

Il chante comme un oiseau, il a un bel organe
Qui lui sert, au besoin, à rire comme un âne
Son nom conviendrait bien pour le roi des corbeaux
Ou pour le crocodile au fond du marigot
Il nage comme un poisson, ou plutôt un dauphin
Il est doux comme le fils d'une chatte et d'un lapin
Comme celles d'un lézard on admire ses mains
Sa beauté inquiétante, son charme arachnéen
Sa langue d'okapi donne bien du plaisir
Dont rêvent les fourmis à l'approche du tapir
Du cochon il n'a rien, si ce n'est la vertu
De permettre à un loup de le manger tout cru.

V......

Deux poèmes plus chauds, extrêmes l'un de l'autre...

Orgie

Plume court sur ton corps quand ton coeur bat,
Sens éveillés dispensent d'un long sommeil,
De tes souvenirs ne restent qu'ébats
Exaltants nocturnes, autant de soleils.

Puissent dix axer leurs quêtes qui, d'idylles
Imaginaires en rêves partis trop tôt,
Convergent en toi ce soir-là, reptiles
Lovés dans ta chair, giclant au culôt.

Donne tout pour tous, distingue puis noie,
Maîtres mots dits d'embouteillés canaux
Désirés si profonds. Déments accrocs.

Quand plus qu'à profusion tu t'emploies
à détaler du jus, centre où tu gis,
Ne reste en somme qu'à démêler l'orgie.

Benoît Crocq

Branlette

Désirs d'raideurs pour te branler.
Raidir des heures pour évacuer.
Tu claques ton sperme entre tes doigts.

Ton jus sert de geyser dessert,
Ta joue juste de valoir-faire :
Bonheur d'une tâche giclée sur toi.

Benoît Crocq